Ajouter un appareil Zigbee à Home Assistant, pas à pas
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Home Assistant est installé, l’interface s’affiche, et maintenant il faudrait qu’il parle à quelque chose. Pour beaucoup, ce quelque chose sera un appareil Zigbee : une ampoule IKEA, un capteur Aqara, une prise Sonoff. Le premier appairage a une réputation d’étape délicate, à cause du vocabulaire, de la clé USB à choisir et des deux intégrations qui se disputent le rôle. En réalité, une fois la clé en place et l’intégration configurée, ajouter un appareil prend moins de temps que de le sortir de son emballage. Suivons le chemin dans l’ordre.
Ce que Zigbee change par rapport au Wi-Fi
Un appareil Wi-Fi se connecte à votre box internet et parle en général au serveur de son fabricant, que Home Assistant interroge ensuite. Un appareil Zigbee ne connaît pas internet. Il parle à un coordinateur, la petite clé USB branchée sur Home Assistant, et les appareils alimentés en permanence, ampoules et prises, relaient les messages des autres, ce qui forme un réseau maillé (on dit aussi mesh) qui s’étend à mesure qu’on ajoute des objets. Tout se passe localement, sans compte ni nuage, et les capteurs sur pile tiennent des mois. Si vous hésitez encore entre les familles de protocoles, l’article sur Zigbee, Thread, Matter et les autres pose le décor avant de dépenser un euro.
La clé Zigbee, la seule pièce qu’il faut acheter
Le coordinateur se présente le plus souvent sous la forme d’une clé USB, parfois d’un petit boîtier réseau qu’on pose ailleurs dans la maison. Home Assistant vend sa propre clé, Sonoff et d’autres marques en proposent aussi, et les modèles reconnus par la communauté sont bien documentés. Deux conseils qui évitent la plupart des soucis. D’abord, branchez la clé au bout d’une rallonge USB plutôt que directement sur le Raspberry Pi ou le mini-PC, car les ports USB et les disques voisins génèrent des parasites qui brouillent la radio Zigbee. Ensuite, éloignez-la de la box internet et de tout ce qui émet en Wi-Fi, pour la même raison. Si votre Home Assistant tourne sur un Raspberry Pi, comme décrit dans le tutoriel d’installation, la clé se branche simplement sur un port libre, à travers la rallonge.
ZHA ou Zigbee2MQTT : lequel choisir ?
Deux façons de gérer le Zigbee cohabitent dans Home Assistant. ZHA est l’intégration native : elle se configure en quelques clics depuis les réglages, sans rien installer d’autre, et c’est celle que je conseille pour un premier réseau. Zigbee2MQTT est un logiciel séparé, installable comme module complémentaire, qui parle à Home Assistant par l’intermédiaire d’un petit service de messagerie appelé MQTT. Il demande une étape de configuration en plus, mais il offre une interface plus riche, une liste d’appareils supportés très longue et des réglages fins pour chaque objet. Mon avis : commencez avec ZHA si vous voulez que ça marche ce soir, choisissez Zigbee2MQTT si vous aimez comprendre et bidouiller, ou si vous avez un appareil exotique qui n’est reconnu que par lui. Il faut choisir, mais on peut changer plus tard en réappairant ses appareils.
Configurer l’intégration une fois pour toutes
Avec ZHA, la clé branchée est en général détectée toute seule : une notification apparaît dans les réglages, dans la section des appareils et services, et propose de configurer Zigbee. On confirme le port de la clé, on garde les réglages proposés, et le réseau est créé. Avec Zigbee2MQTT, il faut d’abord installer le module MQTT, puis le module Zigbee2MQTT, indiquer le port de la clé dans sa configuration, et enfin ajouter l’intégration MQTT côté Home Assistant. Dans les deux cas, cette étape ne se fait qu’une fois. Une recommandation que je fais systématiquement : dès que le réseau est créé, faites une sauvegarde de Home Assistant. La clé contient l’identité du réseau, et la perdre obligerait à tout réappairer.
Appairer le premier appareil
Passons enfin à l’appareil lui-même. Dans ZHA, ouvrez l’intégration et cliquez sur le bouton d’ajout d’appareil : le coordinateur se met en écoute pendant quelques minutes. Dans Zigbee2MQTT, le bouton équivalent s’appelle « autoriser l’appairage ». Pendant que le réseau écoute, mettez l’appareil en mode appairage. La méthode dépend de l’objet : une ampoule neuve s’appaire dès qu’on l’allume, une ampoule déjà utilisée demande souvent une série d’allumages et d’extinctions rapides, un capteur a un petit bouton à maintenir enfoncé jusqu’à ce qu’une diode clignote, une prise a un bouton en façade. La notice de chaque appareil le précise, et la documentation en ligne de ZHA ou de Zigbee2MQTT le rappelle pour presque tous les modèles. Quand ça fonctionne, l’appareil apparaît dans l’interface avec son nom de modèle et ses entités, et vous pouvez tout de suite l’allumer ou lire ses valeurs.
Nommer et ranger, tout de suite
Un appareil fraîchement appairé porte un nom composé de la marque et du modèle, du genre « lumi.sensor_motion » ou un identifiant plus obscur encore. Renommez-le immédiatement avec un nom qui décrit sa fonction et son emplacement, comme « Détecteur couloir » ou « Lampe chevet gauche », et affectez-le à une pièce. Ce geste paraît anodin, mais c’est lui qui rend les automatisations lisibles et les commandes vocales possibles. Reporter ce nommage à plus tard, c’est se retrouver après vingt appareils à deviner lequel est lequel.
Quand ça ne s’appaire pas
Presque tous les échecs se ramènent à quelques causes. L’appareil est encore lié à un ancien hub ou à l’application de sa marque, et il faut le remettre à zéro, en général en maintenant le bouton plus longtemps. La fenêtre d’appairage s’est refermée avant que vous ayez fini de lire la notice, il suffit de la rouvrir. La clé est trop près de parasites, et déplacer la rallonge règle tout. La pile du capteur est faible, ce qui arrive avec des objets restés longtemps en rayon. Enfin, l’appareil peut être hors de portée : un capteur au fond du jardin ne trouvera le réseau que s’il y a une ampoule ou une prise Zigbee allumée entre lui et le coordinateur, car ce sont elles qui relaient. C’est la raison pour laquelle je conseille d’ajouter les prises et les ampoules avant les capteurs, pour construire le maillage d’abord. Les détecteurs eux-mêmes, et la façon de les placer, font l’objet de l’article sur les détecteurs de mouvement, d’ouverture et de fuite.
Le réseau grandit, quelques bonnes habitudes
Un réseau Zigbee se porte bien quand il a assez de relais, des appareils sur secteur répartis dans la maison. Si une zone est capricieuse, une simple prise connectée à mi-chemin suffit souvent à la stabiliser. Évitez de mélanger les canaux radio Zigbee et Wi-Fi les plus encombrés, les deux intégrations permettent de choisir le canal Zigbee, et la documentation explique lesquels cohabitent le mieux avec la box. Enfin, prenez l’habitude de regarder la carte du réseau que ZHA et Zigbee2MQTT savent afficher : elle montre qui parle à qui, et elle révèle d’un coup d’œil le capteur isolé qui aurait besoin d’un relais.
Pour votre prochaine étape, branchez la clé sur une rallonge, configurez ZHA, faites une sauvegarde, puis appairez une seule ampoule ou une seule prise à côté du coordinateur. Renommez-la, rangez-la dans une pièce, allumez-la depuis l’interface. Le lendemain, ajoutez un capteur et créez votre première automatisation entre les deux. Le reste de la maison suivra au même rythme.



