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Construire un tableau de bord Home Assistant clair et utile

Construire un tableau de bord Home Assistant clair et utile

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Le tableau de bord de Home Assistant est la première chose qu’on voit et la dernière à laquelle on pense. Au début, l’interface générée automatiquement affiche tout ce qu’elle trouve, et c’est pratique pour vérifier qu’un appareil répond. Au bout de quelques semaines et d’une trentaine d’entités, ça devient une longue page fourre-tout où plus personne ne trouve le bouton de la lampe du salon, et la famille retourne à l’interrupteur. Construire un tableau de bord clair n’est pas une question d’esthétique, c’est ce qui décide si la maison connectée sera utilisée ou contournée. Et c’est nettement plus simple qu’il n’y paraît.

Pour qui est ce tableau de bord ?

Avant de déplacer la moindre carte, posez-vous cette question. Le tableau de bord de la personne qui administre la maison n’a rien à voir avec celui qu’on affiche sur une tablette dans l’entrée ou sur le téléphone d’un adolescent. Le premier veut voir l’état des piles, les appareils déconnectés et les courbes de température. Les autres veulent trois boutons et une information, pas plus. Home Assistant permet de créer plusieurs tableaux de bord et de choisir lequel s’ouvre par défaut sur chaque appareil. Mon conseil est d’en faire au moins deux : un « maison » minimaliste que tout le monde utilise, et un « technique » que vous seul consultez. Le pire choix, c’est de vouloir concilier les deux sur une seule page.

Sortir du mode automatique

Le tableau de bord par défaut se régénère tout seul à chaque nouvel appareil, ce qui est à la fois sa qualité et son défaut. Pour le personnaliser, ouvrez le menu en haut à droite, choisissez de modifier le tableau de bord, et acceptez de prendre le contrôle. À partir de là, l’interface ne changera plus sans vous. Je préfère cependant laisser ce tableau automatique tel quel, comme un inventaire de secours, et créer un nouveau tableau de bord vide depuis les réglages. On part ainsi d’une page blanche plutôt que de démonter un empilement de cartes, et on garde sous la main la liste complète des entités si un jour on cherche quelque chose. Si votre installation est récente, le tutoriel d’installation sur Raspberry Pi se termine justement sur cette première prise en main.

Des vues par pièce, ou par usage ?

Un tableau de bord se découpe en vues, les onglets en haut de l’écran. La tentation naturelle est de faire un onglet par pièce, et c’est un bon début quand la maison a peu d’appareils. Mais avec le temps, je trouve le découpage par usage plus efficace : un onglet « lumières », un onglet « chauffage », un onglet « sécurité », un onglet « énergie ». Quand on cherche à baisser un radiateur, on ne se demande pas dans quelle pièce est le radiateur, on va dans l’onglet chauffage et on les voit tous. Le compromis qui fonctionne bien, c’est une première vue d’accueil avec l’essentiel de chaque catégorie, puis des vues détaillées derrière, par usage ou par pièce selon votre façon de penser la maison. Les vues par zone, que Home Assistant sait générer à partir des pièces déclarées, sont aussi un raccourci honnête pour ne pas tout faire à la main.

Les cartes qui font le travail

Home Assistant propose une bibliothèque de cartes, et il n’est pas nécessaire de les connaître toutes. Quelques-unes suffisent pour un tableau de bord domestique. La carte « entités » liste plusieurs interrupteurs et capteurs dans un bloc compact, parfaite pour un groupe de lampes. La carte « bouton » ou « mosaïque » donne un gros bouton tactile, idéale sur une tablette murale. Le thermostat a sa propre carte avec la molette de consigne. Les capteurs de température ou d’énergie gagnent à être affichés avec une carte de jauge ou un historique, qui montrent une tendance plutôt qu’un chiffre brut. Et la carte « conditionnelle » n’affiche son contenu que si une condition est remplie, ce qui permet de faire apparaître une alerte de fenêtre ouverte uniquement quand une fenêtre est ouverte. Les sections, plus récentes, permettent d’organiser tout ça en colonnes qui se réagencent seules selon la largeur de l’écran.

Ce qu’il faut retirer plutôt qu’ajouter

Le bon tableau de bord se construit plus par soustraction que par addition. Un capteur de mouvement n’a rien à faire sur la page d’accueil : il déclenche des automatisations, on n’a pas besoin de le regarder. Le niveau de pile d’un capteur, l’adresse d’un appareil, l’intensité du signal, tout cela va dans le tableau technique. Chaque entité a son intérêt, mais chaque entité affichée coûte de l’attention à celui qui cherche le bouton du salon. La règle que je m’impose est simple : sur la vue d’accueil, uniquement ce qu’on touche tous les jours et ce qu’on veut savoir en un coup d’œil. Une lumière, un chauffage, un volet, la température extérieure, l’état de l’alarme. Le reste attend derrière un onglet.

Le téléphone d’abord

Le cas typique, c’est un tableau de bord superbe sur l’écran du bureau et illisible sur un téléphone, alors que c’est depuis le téléphone qu’on s’en sert le plus. Construisez-le en gardant le téléphone à côté, et regardez à chaque ajout comment la carte se réorganise. Les cartes larges à plusieurs colonnes deviennent des empilements interminables sur un petit écran. Les gros boutons, au contraire, restent pratiques partout. Si vous poussez des notifications sur votre téléphone, faites en sorte qu’elles ouvrent directement la vue concernée, ce qui évite de naviguer dans les onglets quand une alerte arrive.

Une tablette dans l’entrée, le luxe accessible

Une vieille tablette fixée au mur, ouverte en permanence sur une vue dédiée, transforme l’usage familial. Elle donne un point de contrôle physique, visible, que les invités et les enfants comprennent sans explication. Pour cette vue, tout en grand : quelques boutons de scènes, l’état des volets, la température, éventuellement l’image d’une caméra. Le mode kiosque, qui masque la barre de navigation, s’obtient avec des réglages du tableau de bord ou une petite extension. Si vous ajoutez au fil du temps des appareils Zigbee, ils apparaîtront comme entités et il suffira de les glisser dans la bonne vue ; la marche à suivre pour les appairer est détaillée dans l’article sur l’ajout d’un appareil Zigbee.

Faire évoluer sans tout casser

Un tableau de bord n’est jamais terminé, et c’est normal. Ce qui compte, c’est de le faire évoluer par petites touches plutôt que par refonte complète tous les trois mois. Une carte ajoutée quand un besoin apparaît, une carte retirée quand personne ne l’a touchée depuis longtemps. Avant une grosse modification, exportez la configuration du tableau de bord depuis l’éditeur brut, et gardez-la dans un fichier texte : c’est la façon la plus simple de revenir en arrière si la nouvelle version ne plaît pas à la maisonnée. Et demandez leur avis aux autres habitants. Ce sont eux qui vous diront, avec une franchise parfois vexante, ce qui manque et ce qui encombre.

Pour ce week-end : créez un nouveau tableau de bord vide, ajoutez-y une seule vue d’accueil avec au plus six cartes, celles que vous toucheriez tous les jours, et définissez-le comme tableau par défaut sur votre téléphone. Utilisez-le une semaine sans rien ajouter. Ce qui vous manquera vraiment se manifestera de lui-même, et ce sera la seule chose à ajouter.

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