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Qualité de l’air intérieur : ce qu’un capteur peut vous apprendre

Qualité de l'air intérieur : ce qu'un capteur peut vous apprendre

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On passe une grande partie de sa vie enfermé, et l’air qu’on y respire est souvent moins bon que celui de la rue, sans qu’on s’en rende compte. Une pièce qui pique les yeux ou qui sent le renfermé, on le remarque. Mais une chambre où le dioxyde de carbone grimpe pendant la nuit, une salle de bain qui reste humide et prépare tranquillement une moisissure, ou une cuisine où la poêle libère des particules fines, ça ne se voit pas. Un capteur de qualité de l’air rend tout cela visible, et la domotique permet d’agir dessus. Je vais vous expliquer ce que mesurent ces petits boîtiers, comment interpréter ce qu’ils racontent, et quelles automatisations en tirer.

Le CO2, la mesure la plus parlante

Le dioxyde de carbone, c’est ce que nous expirons. Dans une pièce fermée avec du monde, sa concentration monte régulièrement, et avec elle la sensation de tête lourde, la baisse de concentration et l’envie de bâiller en réunion. Le CO2 n’est pas dangereux en soi aux niveaux d’une maison, mais c’est un excellent indicateur de renouvellement de l’air : s’il est élevé, tout le reste, odeurs, virus, humidité, s’accumule aussi. Un bon capteur de CO2 utilise une mesure optique (une technologie appelée NDIR, qui envoie un faisceau infrarouge à travers l’air). Méfiez-vous des modèles très bon marché qui affichent un « CO2 équivalent » calculé à partir d’autres gaz, c’est une estimation, pas une mesure. Placez le capteur à hauteur de respiration, loin d’une fenêtre et loin de votre visage, et vous verrez la courbe grimper le soir dans la chambre, puis redescendre dès qu’on ouvre.

L’humidité, l’ennemie silencieuse des murs

La mesure d’humidité relative est présente sur presque tous les capteurs, même les plus simples de chez Aqara ou Sonoff en Zigbee. Elle est précieuse parce que l’humidité trop élevée favorise les moisissures et les acariens, tandis qu’un air trop sec irrite la gorge et les yeux, surtout en hiver avec le chauffage. Le cas typique, c’est la salle de bain après la douche, la cuisine pendant la cuisson, ou la chambre le matin, quand toute une nuit de respiration s’est déposée dans l’air. Un capteur placé dans chaque pièce à risque montre en quelques jours où le problème se situe. Et surtout, il permet d’automatiser : la ventilation ou l’extracteur de la salle de bain se déclenche quand l’humidité grimpe et s’arrête quand elle redescend, plutôt que de tourner à heure fixe ou d’être oublié.

Particules fines et composés volatils, les invisibles

Deux autres mesures se trouvent sur les capteurs plus complets. Les particules fines (souvent notées PM, pour particulate matter) viennent de la cuisson, des bougies, du chauffage au bois, de la poussière et de la pollution extérieure qui entre par les fenêtres. Un capteur de particules montre de façon spectaculaire l’effet d’un steak saisi à la poêle. Les composés organiques volatils (COV) regroupent tout ce qui s’évapore des peintures, colles, meubles neufs, produits ménagers et parfums d’intérieur. La mesure de COV est plus délicate à interpréter, parce que les capteurs grand public donnent un indice relatif plutôt qu’une concentration précise, et qu’ils réagissent à beaucoup de choses, y compris à l’alcool d’un gel hydroalcoolique. Je conseille de lire cet indice comme une tendance : s’il grimpe après le ménage ou l’arrivée d’un meuble neuf, aérez.

Quel capteur choisir sans se ruiner

Il existe trois grandes familles. Les petits capteurs Zigbee de température et d’humidité coûtent quelques dizaines d’euros, tiennent des mois sur pile et se glissent dans chaque pièce, mais ne mesurent ni CO2 ni particules. Les stations d’air complètes, comme celles de Netatmo ou des marques spécialisées, ajoutent le CO2 et parfois le bruit ou les particules, avec une application soignée, mais sont plus chères et souvent liées au Wi-Fi et au cloud de la marque. Enfin, les capteurs ouverts, à monter ou prêts à l’emploi, conçus pour Home Assistant, offrent les mesures les plus complètes pour un prix modéré, en local, au prix d’un peu plus de manipulation. Mon avis : un capteur d’humidité par pièce humide, un capteur de CO2 dans la chambre principale et un dans la pièce de vie, c’est un excellent point de départ. Pour ce que Zigbee ou Wi-Fi impliquent ici, voyez mon article sur les protocoles domotiques.

Lire les courbes, pas les chiffres isolés

Une valeur seule ne dit pas grand-chose. Ce qui compte, c’est l’évolution sur la journée et sur la semaine. Un capteur qui grimpe chaque nuit et redescend chaque matin dans la chambre raconte une histoire simple : la porte est fermée et l’air ne se renouvelle pas. Une humidité qui reste haute même après aération signale plutôt un problème de bâtiment, une ventilation encrassée ou un pont thermique. Les applications de marque affichent ces courbes, et Home Assistant conserve l’historique aussi longtemps que vous le souhaitez, ce qui permet de comparer avant et après un changement. Si vous êtes sur Home Assistant, ces graphiques méritent une place dans votre interface, et mon article sur la construction d’un tableau de bord Home Assistant explique comment les présenter sans surcharger l’écran.

Passer de la mesure à l’action

Le vrai bénéfice arrive quand le capteur déclenche quelque chose. Quelques automatisations que je trouve utiles : une lampe ou une bande lumineuse qui passe à l’orange quand le CO2 du bureau devient élevé, en guise de rappel discret d’ouvrir la fenêtre. L’extracteur de la salle de bain piloté par l’humidité, via une prise connectée ou un module dans le boîtier. Une notification le soir si la chambre des enfants est mal ventilée, pour penser à entrouvrir la porte. Le purificateur d’air, s’il y en a un, qui démarre quand les particules montent pendant la cuisson et s’arrête une fois l’air redevenu propre. Avec ces règles, l’air se gère tout seul et le capteur devient invisible.

Les pièges de lecture à connaître

Un capteur mal placé ment. Près d’une fenêtre, il voit l’air extérieur ; au-dessus d’un radiateur, il surchauffe et sous-estime l’humidité ; dans un coin sans circulation, il exagère tout. Un capteur neuf a besoin d’un peu de temps pour se stabiliser, et certains capteurs de CO2 se recalibrent automatiquement en supposant que la pièce est aérée à fond au moins une fois par semaine. Si ce n’est jamais le cas, la mesure dérive. Enfin, ne courez pas après le chiffre parfait. L’objectif d’un capteur d’air n’est pas d’obtenir une valeur idéale en permanence, c’est de prendre de bonnes habitudes : aérer le matin, mettre la hotte, fermer la porte de la salle de bain pendant la douche. La domotique ne remplace pas la fenêtre ouverte, elle vous rappelle de l’ouvrir.

Votre premier capteur, et où le mettre

Commencez par un capteur de CO2 dans la chambre où vous dormez, posé sur une table de nuit ou une étagère à hauteur de tête, loin de la fenêtre. Laissez-le tourner une semaine sans rien automatiser, et regardez la courbe chaque matin. Vous saurez très vite si la porte doit rester ouverte ou si la fenêtre mérite d’être entrebâillée. Ensuite seulement, ajoutez un capteur d’humidité dans la salle de bain et la première automatisation sur l’extracteur.

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