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Les routines Alexa : automatiser sans écrire une ligne

Les routines Alexa : automatiser sans écrire une ligne

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Beaucoup de gens possèdent une enceinte Echo depuis des années et ne l’utilisent que pour la météo, le minuteur de cuisine et une ampoule. C’est dommage, parce qu’Alexa cache un petit atelier d’automatisation étonnamment complet, sans une ligne de code, sans abonnement, accessible depuis l’application qu’on a déjà sur le téléphone. Ce sont les routines. Elles ne rivalisent pas avec une vraie box domotique, mais elles couvrent une bonne partie de ce qu’une famille attend d’une maison connectée, et elles s’apprennent en une soirée.

Une routine, c’est une phrase à trous

Toutes les routines Alexa suivent la même structure : quand tel événement arrive, et si telle condition est remplie, alors faire ceci, puis cela. L’événement, c’est le déclencheur. La condition est facultative et sert à filtrer, par exemple pour n’agir que la nuit. Les actions s’enchaînent dans l’ordre, avec la possibilité d’insérer une attente entre deux. Une fois ce schéma en tête, l’application devient très lisible.

Où ça se trouve et comment créer la première

Dans l’application Alexa, la section des routines se cache derrière le menu « Plus », en bas de l’écran. On y trouve les routines déjà créées, des suggestions d’Amazon, et un bouton pour en ajouter. Une nouvelle routine demande un nom, un déclencheur, puis des actions. Pour la toute première, je conseille un déclencheur vocal simple, du type « Alexa, bonne nuit », et deux actions : éteindre une lampe et dire une phrase du genre « bonne nuit, à demain ». Ce n’est pas très ambitieux, mais on voit tout de suite le mécanisme fonctionner, et c’est la meilleure façon de comprendre le reste. Si vous hésitez encore entre une enceinte Echo et une autre marque, l’article qui compare Google, Amazon et Apple vous aidera à confirmer que vous êtes au bon endroit.

Les déclencheurs, bien plus que la voix

La voix n’est qu’un déclencheur parmi d’autres, et pas forcément le plus utile. L’horaire permet de lancer une routine à heure fixe, certains jours, ou par rapport au lever et au coucher du soleil. L’appareil connecté permet de réagir à un détecteur de mouvement, à un contact de porte, à une prise qui s’allume. Les enceintes Echo elles-mêmes peuvent servir de capteur : certaines détectent une présence par ultrasons ou par le son, et déclenchent une routine quand quelqu’un entre dans la pièce ou, au contraire, quand elle reste vide un moment. Il existe aussi des déclencheurs liés à une alarme qui sonne, ce qui est parfait pour une routine de réveil, et des déclencheurs liés à la localisation du téléphone, pour lancer quelque chose en arrivant ou en partant.

Les actions, et l’art de les enchaîner

Le catalogue d’actions est large : allumer, éteindre ou régler un appareil, lancer une musique ou une radio, faire parler l’enceinte, envoyer une notification sur le téléphone, régler le volume, activer le mode ne pas déranger, faire une annonce sur toutes les enceintes de la maison, ou même demander à Alexa d’exécuter une commande vocale comme si vous l’aviez prononcée. Cette dernière possibilité est une porte ouverte sur tout ce que l’enceinte sait faire et qui n’a pas de bouton dédié dans l’éditeur. Entre deux actions, on peut ajouter une attente, ce qui change tout : une lumière qui s’allume, puis se réduit progressivement après quelques minutes, ou une prise qui se coupe un quart d’heure après une annonce. Prenons le cas d’une routine de départ : « Alexa, je pars » éteint toutes les lumières, coupe la prise de la cafetière, baisse le chauffage si le thermostat est compatible, et confirme d’une phrase. Trois objets, quatre actions, et la maison se met en veille d’elle-même.

Les conditions, le détail qui évite les bêtises

Une routine sans condition s’exécute à chaque fois que le déclencheur survient, ce qui devient vite pénible avec un capteur. Le détecteur de mouvement du couloir n’a aucune raison d’allumer la lumière en plein jour. L’éditeur de routines propose de restreindre l’exécution à une plage horaire, et, pour les déclencheurs par appareil, de ne pas relancer la routine avant un certain délai. C’est suffisant pour la plupart des besoins domestiques. Ce qu’Alexa fait moins bien, c’est croiser plusieurs conditions d’appareils, du type « si la porte s’ouvre et que personne n’est censé être là ». On peut ruser en utilisant un mode de la maison ou une prise fictive comme drapeau, mais on sent alors qu’on tire sur la corde et qu’un système plus complet serait plus sain.

Quatre routines que je recommande à tout le monde

La routine du matin en semaine, calée sur l’alarme du réveil plutôt que sur une heure fixe, qui allume la lumière doucement et donne la météo. La routine du soir, vocale, qui éteint tout et coupe les prises inutiles, sur laquelle je reviens dans l’article sur le choix d’une prise connectée, parce que c’est souvent la prise qui fait la différence entre une routine gadget et une routine qui économise vraiment. La routine d’absence, vocale ou déclenchée par la localisation, qui met la maison au repos. Et la routine de vacances, qui allume et éteint les lampes à des heures un peu aléatoires pour donner l’impression que quelqu’un est là, sujet que j’ai développé dans l’article sur la simulation de présence. Ces quatre-là suffisent à sentir que la maison travaille pour vous.

Les réglages autour qui font tout rater

Le cas typique de la routine qui « ne marche pas », c’est une routine parfaitement construite entourée de réglages incomplets. L’adresse de la maison n’est pas renseignée, donc le coucher du soleil est calculé n’importe où. L’appareil est bien connecté mais rangé dans aucune pièce, donc « éteins la lumière » ne sait pas de quelle lumière on parle. La phrase de déclenchement contient un mot qu’Alexa comprend autrement, et il faut la reformuler. Le téléphone n’a pas autorisé la localisation en permanence, donc la routine d’arrivée ne se lance jamais. Avant de refaire la routine, passez ces quatre points en revue. Et donnez à chaque routine un nom qui décrit ce qu’elle fait, car la liste s’allonge vite.

Jusqu’où aller avec Alexa seule ?

Assez loin, honnêtement. Une maison avec une dizaine d’ampoules, quelques prises, deux ou trois capteurs et un thermostat compatible se pilote très bien avec des routines Alexa, sans rien d’autre. Ce qui manque, c’est la vue d’ensemble, l’historique, la possibilité de faire des règles vraiment conditionnelles, et l’indépendance vis-à-vis du service en ligne d’Amazon, sans lequel les routines ne tournent pas. Tant que ces manques ne vous gênent pas, restez-y : c’est simple, c’est stable, et la famille sait s’en servir. Le jour où vous commencerez à contourner les limites avec des prises fictives et des routines en cascade, ce sera le signe qu’il est temps de regarder du côté d’un vrai système domotique.

Pour ce soir : ouvrez l’application, créez la routine « bonne nuit » avec une lampe qui s’éteint et une phrase de confirmation, et dites-la à voix haute. Demain, ajoutez-lui une prise, puis une attente de quelques minutes avant la dernière action. Quand cette routine vous semble naturelle, passez à celle du matin en la déclenchant sur votre alarme.

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