Prise connectée : la bonne pour mesurer et piloter
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La prise connectée est l’objet le plus modeste de la maison connectée, et probablement le plus utile par euro dépensé. Elle s’intercale entre le mur et n’importe quel appareil, et d’un coup la lampe de grand-mère, le ventilateur ou la machine à café deviennent pilotables et programmables. Certaines mesurent en plus ce qui passe à travers elles, et là on entre dans un autre monde, celui où l’on découvre ce que consomme vraiment la maison. Encore faut-il choisir la bonne, parce que sous un aspect identique se cachent des différences qui comptent.
Piloter ou mesurer : deux besoins différents
Toutes les prises connectées savent allumer et éteindre à distance ou selon un horaire. Une partie d’entre elles seulement sait mesurer la consommation, c’est-à-dire vous dire combien l’appareil branché tire d’électricité à l’instant et sur la durée. Cette fonction change la nature de l’objet. Une prise simple sert à automatiser, une prise avec mesure sert aussi à comprendre. Elle révèle le congélateur qui vieillit mal, la box qui tourne toute la nuit, le sèche-linge qui pèse plus lourd que prévu. Le surcoût est modéré, et je conseille de prendre la mesure au moins sur une ou deux prises, quitte à les déplacer d’appareil en appareil pour faire le tour de la maison.
Le protocole, encore et toujours
Comme pour tout objet connecté, la première question est celle de la langue parlée. Une prise Wi-Fi se connecte seule à la box internet, sans rien d’autre à acheter, ce qui est idéal pour une première prise. Une prise Zigbee, Z-Wave ou Thread demande un hub compatible, mais elle apporte un avantage souvent ignoré : comme elle est branchée en permanence sur le secteur, elle sert de relais aux autres objets du réseau maillé. Chaque prise Zigbee ajoutée renforce la portée des capteurs sur pile qui se trouvent autour. C’est un argument fort pour choisir le même protocole que vos capteurs, et l’article sur les protocoles domotiques vous aidera à trancher si ce n’est pas encore fait.
Un point à surveiller avec le Wi-Fi : certaines prises n’acceptent que la bande la plus ancienne des box, et l’appairage échoue si le téléphone est connecté à l’autre bande. Le mode d’emploi le précise, mais on ne le lit qu’après avoir juré.
La puissance supportée, le critère de sécurité
Chaque prise connectée indique une puissance maximale, notée sur l’emballage et souvent sur le boîtier. Une lampe, une box ou un chargeur s’en moquent. Un radiateur électrique, un chauffe-eau d’appoint, une bouilloire ou un sèche-cheveux peuvent la dépasser. Brancher un gros appareil sur une prise sous-dimensionnée est le meilleur moyen de la faire chauffer, voire de la griller. Pour le chauffage, choisissez explicitement une prise annoncée comme compatible avec cet usage, et vérifiez que la valeur indiquée est confortablement au-dessus de ce que réclame l’appareil, selon sa propre étiquette. En cas de doute, ne branchez pas.
La forme, le détail qui gâche tout
Une prise connectée est plus épaisse et plus large qu’une fiche ordinaire. Sur une multiprise, elle peut condamner la prise voisine. Derrière un meuble, elle peut empêcher de le plaquer contre le mur. Dans une prise murale avec deux emplacements, elle en bloque parfois un. Regardez les dimensions avant d’acheter, et privilégiez les modèles compacts pour les endroits serrés. Vérifiez aussi le type de fiche : le standard des prises françaises et belges, avec sa broche de terre qui dépasse, n’est pas celui d’autres pays européens, et une prise commandée à l’étranger peut arriver avec la mauvaise forme.
Le bouton physique et le comportement après coupure
Deux détails sur lesquels je suis intransigeant. D’abord, la présence d’un bouton sur la prise elle-même, pour allumer ou éteindre à la main sans sortir le téléphone. Un invité ou un enfant doit pouvoir allumer la lampe sans connaître votre application. Ensuite, le comportement au retour du courant après une coupure : certaines prises se rallument, d’autres restent éteintes, les meilleures se remettent dans l’état où elles étaient. Pour un congélateur ou un aquarium, il faut absolument que la prise se rallume. Pour un radiateur, on préfère parfois qu’elle reste éteinte. Ce réglage existe dans l’application des bons modèles, il est absent des modèles bas de gamme.
Quelques usages qui valent l’achat
Prenons un exemple : le coin télévision, avec la télé, la barre de son, la console et la box, tous en veille. Une prise connectée qui coupe tout la nuit et le rallume avant le retour du travail supprime des veilles inutiles, et la mesure vous dira combien ça représentait. Autre cas typique, la lampe d’ambiance qui se rallume avec une prise et un horaire pour simuler une présence pendant les vacances. Ou encore le chauffe-serviettes de la salle de bain qui n’a pas de programmateur. Ou la cafetière qui se lance avant le réveil, à condition d’avoir mis le café la veille. Chaque prise devrait répondre à un usage précis, sinon elle finira au fond d’un tiroir.
La prise avec mesure a un usage plus discret mais précieux : détecter la fin d’un cycle. Quand la consommation de la machine à laver retombe à presque rien, c’est que le linge est prêt. Une box comme Home Assistant peut alors envoyer une notification. C’est le genre d’automatisation qui paraît gadget et dont on ne se passe plus.
Multiprise connectée et modules encastrés
Deux cousins méritent une mention. La multiprise connectée, avec plusieurs emplacements pilotables séparément, est parfaite derrière un bureau ou un meuble télé. Le module encastré, qui se cache dans la boîte murale derrière une prise classique, offre la même fonction sans rien de visible, au prix d’un peu de câblage. Ce dernier convient aux propriétaires qui veulent une installation propre ; le locataire restera sur la prise qui se branche, comme expliqué dans l’article sur la domotique sans travaux en location.
Pour commencer, achetez une seule prise avec mesure de consommation, sur le protocole de votre hub ou en Wi-Fi si vous n’en avez pas encore, et branchez-la sur l’appareil dont vous soupçonnez le plus la gourmandise. Laissez-la une semaine, lisez le résultat, puis déplacez-la. Vous saurez alors où les prises suivantes seront les plus utiles.



